Aujourd’hui 04 mai 2018. Le temps est gris. Il fait froid dehors mais aussi dans mon bureau. Mes mains sont glacées. Je me sens triste. Mes enfants repartent dès ce soir chez leur père.

Je suis écœurée.

Cela fait quelques semaines, même plusieurs mois que le ton monte, que le miroir se ternit, que mon cœur se comprime, ma joie de vivre s’estompe… je me sens si mal à l’intérieur. Une douleur si forte, si oppressante. Personne ne voit rien. Je craque petit à petit.

Une journée de travail ordinaire, Un de mes collègue est parti il y a quelques semaines et un autre nous a quitté hier pour de nouvelles aventures. Nous ne sommes plus que toutes les deux dans notre bureau. Le téléphone sonne ! Ma chef : « tu as une minute ? » Je me dirige vers son bureau.

Un effort de plus, pas de remplacement ! Bien évidemment, nous vous offrons le lundi de pentecôte mais n’oubliez pas, tout doit être assuré quoiqu’il arrive … Un cadeau empoisonné.

Au travers du paysage derrière cette vitre opaque et sale, mes pensées s’évadent : Est-ce une blague ? Un mauvais rêve ? Une plaisanterie ?

J’essaie de comprendre ce qu’il se passe autour de moi. Une sensation de pyramide qui s’écroule de jour en jour. Ma vie, une illusion depuis la plus tendre enfance. Une vaste blague, les paroles prononcées par mon père. Une manipulation humaine au quotidien.

Je suis écœurée.

Un mal être de petite fille refait surface … Une confiance perdue, et même jamais acquise, finalement !

Le regard dans le vide. J’observe mon bureau. Des bannettes, des documents, des pochettes, du job en perspective pour occuper ma journée. Mes clés, mon sac à main et ma veste. Deux possibilités, deux conséquences bien différentes. Option 1, bien sage, j’apprivoise cette petite boule au fond de ma gorge et je persiste. Je saisie mes factures, prépare le virement du 10, réponds aux mails, au téléphone ou….. Option 2 : je me casse !  Il est 10h50.

Je suis écœurée.